Journal 1996-2000 Nicolas Lehoux

Extrait de Journal 1996-2000, Long et méthodique dérèglement de mes sens

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La solitude prend parfois un visage d’une dureté foudroyante. Renversant les rapports de force, corrodant l’état d’âme des chefs d’états. J’ai parfois l’impression que le monde pourrait très bien fonctionner sans moi, sans mon grain de sel. Lorsque je suis abattu à l’intérieur, détruit, lorsque je réclame un peu d’affection. Si je ne m’en sens pas rassasié et que le monde passe. Amélie mon adorée s’éloigne. Je ne l’ai pas mérité, on a mal compris mes principes.

D’où vient ce trou émotif, ce besoin de cajoler, de mordre à l’amour comme une pomme. Florence a manqué au rendez-vous. Elle ne le saura jamais. J’ai hâte de la voir, de jouer ma scène, de l’embraser. Je rêve de la tenir fort dans mes bras, sentir sa chaleur près de moi.

Je suis devant la croisée des chemins. Soit j’apprends à rencontrer et séduire mieux les femmes, soit j’apprends la solitude, ses avantages. Je choisis les femmes. L’amour doit guider ma vie. Mon destin est scellé. Aucune ne doit me résister. Je dois m’y résoudre, j’ai des lacunes et je ne sais où chercher: cégep, café, bar?

J’ai peur du futur, me remplis au présent. Ma vie commence, dure de la démarrer, dure de l’endurer. Je dois travailler, alors que je n’en ai aucune envie. Je dois me prostituer pour gagner ma vie. J’ai peur de moi-même dans la société. Je n’ai pas peur de moi-même avec moi-même, aucun danger, haute sécurité.

Le pied à terre, la main levée. Laisse ton cœur s’enflammer.

Ton départ intempestif a fendu mon âme en deux. Plein de beauté dans ce mur de solitude. J’ai fait l’erreur de te prendre pour acquis, justement ce que je ne voulais pas. Mon amour pour toi est à vif. Je souffre en silence incapable pour l’instant d’infléchir le destin. Je ne puis rester passif devant ces émotions qui me secouent violemment l’être en entier.

Je t’aime comme je n’ai jamais aimé avant, avec passion, avec folie. En quelque seconde le monde s’est écoulé sur moi, j’étouffe sous les débris, incapable de m’en dégager.

Tel Pascal Jardin je serais bien fou de ne pas profiter de cette chance de découvrir en moi l’étendu de nouveaux sentiments, si ultimes, si profonds. Je comprends ta fougue, l’apprécie. L’amour a pris une telle place dans ma vie depuis que je t’ai connue.

Depuis quelques semaines je me mets à vif, détruisant mes idées et archétypes les plus solides. Je n’ai jamais autant souffert, je n’ai jamais autant été heureux, fou que je suis de dériver dans les extrêmes.

Ton tact, ta gentillesse furent très appréciés. Je t’aime, je n’ai jamais osé te le dire pour ne pas t’effrayer. Maintenant je ne peux le cacher plus longtemps, l’émotion est trop forte, les larmes si présentes. J’aime ta vitalité, ton intelligence, tes formes démentes qui me hantent à chaque nuit où je suis loin de toi. J’apprécie ton respect, ta grandeur d’âme. Et si me prend l’idée un jour de faire exploser la planète Terre, c’est avec toi que je partirais dans l’univers.

Il y a dans mon cœur beaucoup de place, une tonne d’amour. Tu en as tellement bénéficié que les autres femmes en ont manqué, et c’est bien fait pour elles, elles n’ont qu’à être toi. Je n’éprouve aucune jalousie, seulement la tristesse de savoir que si quelques émotions habitent ton cœur je ne serai plus le premier à l’entendre. Et tous ces après-midis où tu arrivais à l’improviste du cégep. Lorsque je me prends à rêver à toi mes yeux roulent dans le beurre, mon mental déconnecte. Ô sublime sensation d’ivresse émotive.

J’ai mal et dans ma folie des grandeurs j’attise cette douleur, grattant la galle lorsque le sang cesse de couler. Les grands hommes vivent de grandes émotions, à leur grand malheur, lorsqu’ils se sentent blessés la souffrance monte en pique dépassant la normalité.

Je n’hésiterais devant aucune montagne pour toi ma chérie, mon adorée. Et si je pleure cet après-midi c’est que je serai heureux. Divine montagne russe qui m’épuise et me transporte.

J’aimerais te le dire mille fois que je t’aime. Tu es si belle, si gentille. Une larme coule doucement sur mon cœur, telle la rosée du matin bénie par l’amour. Sa couleur bleue, douçâtre, laisse une trace évanescente sur cette paroi rougie par le sang.

De toute ma vie je n’ai jamais autant aimé. J’attribue cela au fait que tu ne m’as jamais appartenue. Je me suis encrouté, je m’en aperçois. Le temps endort, ça me rend furieux. Je n’ai pas assez profité de ta présence, je ne t’ai pas assez caressé. Tu me laisses sur ma faim.

Parfois on rencontre le bonheur, on s’en éprend. J’ai tant espéré vivre l’amour, maintenant je la vis, je souffre atrocement lorsque tu n’es pas près de moi. Ta présence m’apaise. Tu es la couleur de ma vie. Je t’aime tellement que la tête me tourne.

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Extrait de Journal 1996-2000, Long et méthodique dérèglement de mes sens

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