Journal 1996-2000 Nicolas Lehoux

Extrait de Journal 1996-2000, Long et méthodique dérèglement de mes sens

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Mardi 24 décembre 1996

Ce soir je trouve le monde con. L’amertume étouffe mon cœur de ses tentacules brunes, elle m’écrase et me rend froid, froid vis-à-vis de ce monde con, sans logique. Je me tais et j’écris au lieu de détruire.

Faire semblant jusqu’au bout. La falaise est profonde et le choc serait terrible. Ce monde affreux me déçoit. Je m’enorgueillis d’être. Je suis car je respire. Et je pense, pense, pense. J’ai besoin d’aimer. Est-ce dur à comprendre ? Mais j’ai un mur, ce n’est pas le mur du son. Ensemble, together, I love you. Je suis si triste. Pourquoi moi ?

Tel un cadavre qui se décompose, mon âme s’agrège et s’amplifie, dégonflant mes œillères. Donnez-moi des pouvoirs sidéraux pour que je détruise. Arrrgh !

Je ne peux plus endurer cet univers qui m’entoure. Je veux de l’amour, mais pour en avoir il faut en donner. Je ne suis pas capable. Comme je n’aime pas cette phrase : « Je ne suis pas capable. »

Pourquoi n’ai-je pas le droit de citer cette phrase passe-partout ? Parce que je ne suis pas comme les autres. Trop conscient, je n’accepte pas la pitié. Personne n’a pitié de moi.

I don’t deserve it. Fuck you ! I would like to be a god, to fly like a butterfly. And the wind in my hair. Et le vin dans mes veines.

Je veux errer dans les limbes avec mon amour. Ma fleur qui embellit mon existence. Son parfum sur mes joues, son rimmel sur ma bouche et ce houblon douceâtre dans mon gosier. Je suis éclectique mais je m’éclipse, mon royaume éclate. Le phare s’éteint, son faisceau s’affaiblit.

À tous ces êtres que me croient un foutriquet : Allez-vous faire foutre ! Je suis foutrique (excentrique et fou). Je ne veux pas être anonyme, impersonnel, un androgyne qui se cherche. La neutralité m’agresse. J’y suis antagoniste. Je m’inconcilie à la réalité.

Puissances de l’ancien testament. Venez. Venez détruire. Pour le simple plaisir de détruire. Que la rage fasse son œuvre et que le chaos soit. Je n’exige rien de moins que la destruction partielle de l’univers, l’assujettissement de toute forme de vie, l’esclavage intensif. Une vue panoramique de ce tableau m’inspire le chaos.

Comme j’aime exprimer la destruction ! Du sang partout sur les gens. La fin est proche. Le monde est perdu et les fanfreluches seront brûlées sur un bûcher humain. Le sperme coulera dans le feu de l’enfer. Les éclairs transperceront les paraplégiques. Les mongols seront enfin vengés. Extrême limite du sous-conscient. Frontière infranchissable. À bas la censure politique !

Que les oiseaux soient libérés, pour que les hirondelles puissent enfin annoncer le printemps. L’amour, la verdure, finie la mort. Le recommencement recommencera. Une race nouvelle naîtra, plus belle, plus gentille, ne vieillissant jamais, enfant pour toujours.

Si les anges existent, pourquoi n’en suis-je pas un ? Je suis une graine dans l’univers, de la merde pestilentielle qui pourrit dans sa senteur, un déchet toxique pas recyclable. Je veux mourir pour ne pas vivre. Mon cœur saigne. Je suis une âme perdue qui pleure son passé, vivant au futur compliqué. Ne profitant pas du présent. Je m’automutile avec ce couteau. Quelle délice cette souffrance. Je m’arrache le cœur ou ce qui me sert de cœur. Ce n’est qu’une peine. Je suis né en orient d’un père turc. Mes racines sont plus profondes.

Que de poèmes, plus solides qu’une montagne, plus souples qu’un roseau. Je veux être acteur, mais tellement de travail m’attend. Toute une vie de labeur suffira-t-elle ? Je veux et j’exige. Je suis  intransigeant. Que faire ?

SOUFFRANCE, DOULEUR, MALADIE, MORT !

Je dois évacuer cette ultraviolence mais comment ? Question existentielle ! Trop, trop, trop. La tension est extrême, extrêmement hallucinante. Présence permanente essoufflante, écrasante de pouvoir. Vie perdue, rêve réalisé. Combat de tous les jours, sans fin et interminable.

Le misérable mineur se sent miné. Pourriture industrielle, déchet environnemental, vous hantez mon esprit, le pervertissez.

Vagin je te veux… te lécher, t’apprivoiser. Pour mieux te détruire toi aussi. Mais où s’arrêtera cette destruction inutile ? Mon égocentrisme se replie sur lui-même. Je ne vois que moi dans le miroir ; moi et des vagues en furie, sans prétexte ni contexte. Tel je suis et l’espérance est blanche. Blanche, peut-être de peur mais blanche quand même.

Et ce gamin je l’enculerai avec un radiateur. Jusqu’au sang je le ferai jouir. Et son hémoglobine me servira de teinture à rideau. Mes rideaux sont noirs. Tel un magicien je les fais disparaître. Aucune énergie ne se perd. Elle n’est que recanalisée, défendue par Dieu qui l’a inventé. Sans logique la croyance croit. Et en croyant on se fait la guerre pour une croyance indifférente.

Non, je ne suis pas indifférent à la souffrance de la société actuelle. Mais que puis-je faire, moi si petit dans cet univers de grands ? Univers dont, d’ailleurs, je ne semble pas comprendre tous les rouages.

Mon rôle d’artiste : je suis ici pour donner un peu de joie. Cette vie en a besoin. Je suis là… Je serai là…

Lorsque le savant fou connaît le savoir il comprend l’étendue des dégâts. Étant lui-même en état de compréhension avancée il réduit son univers à la concrétisation de l’absolue connaissance.

Est-ce que j’aurai enfin la permission de vivre ? Car on parle bien là d’un droit d’exister. La taxation continuelle de l’air. « L’impôt » ; voilà le mot, ce mot salaud.

J’aime les culs de femme. Ils sont si attirants, si beaux et parfaits. Ils ont la forme d’un cœur. Et j’aime avec le cœur. J’en profiterais sûrement aussi pour visiter son vagin si doux, odoriférant une senteur sexuelle, purifiant mon plaisir. D’une main sûre j’effectuerais un mouvement ostensible de va-et-vient. Je lui procurerais jouissance ultimement, réconfort et chaleur. Oui, j’aime les femmes, ce qu’elles sentent, ce qu’elles représentent, ce à quoi elles peuvent servir. J’aime me servir d’une femme pour organiser mon plaisir, atteindre l’apogée textile.

Détruisons les superstitions, construisons la réalité. À bas les murs qui nous arrêtent ! À terre, détruisons. Je ne veux pas renoncer, laisser s’éteindre ma flamme.

Un baiser de toi serait une gâterie, un « non » ma mort. Comment vivre sans femme ? Elles sont si différentes, si gentilles, vivant au présent, présentes au moment où on leur parle. Que de petites attentions, détails subtils, caresse chaude et sensuelle. Ô je t’aime ma chérie, jusqu’à en oublier mon âme. Pour être avec toi je donnerais mon royaume. Comme j’apprécierais l’odeur de tes seins, ton parfum, ta bouche sur mon pénis, mon visage dans ton vagin. Chaleur, humidité, moiteur.

Comme je suis triste de ne pouvoir le vivre. J’empile mes tentations jusqu’au jour où je te rencontrerai, ma perle de suspicion. Je plante une graine, elle grandit, fleurit, vit. Je l’arrache et en fait un cadeau. Quel cadeau ? Celui-là. Je veux mourir comme cette graine. N’essayez-pas de m’arrêter. Rien n’est plus déprimant que la solitude. Rien n’est plus inspirant que la solitude. Oui ! Je t’aime, je t’aime, je t’aime. Je t’aime éternellement.

La fleur représente pour moi l’énergie. La beauté et la grâce font une. La fragilité éphémère de l’existence.

Belle, tu es. La plus belle d’entre tous. La plus belle du monde. J’aimerais connaître, apprendre, interagir, être ton consommateur, t’appartenir et te partager avec l’infini, toucher ton corps, le caresser, le sentir près de moi et l’embrasser dans une étreinte incommensurable. Car belle tu es et entre toutes je te vénère.

Splendeur gracile vient à moi, vient en moi. Que nos deux corps ne fassent plus qu’un. Que nos esprits se lient et à jamais, cessent de mourir. Ta peau satinée m’éblouie et m’éclaire. Ta présence irradie la pièce où tu te trouves. La rose est rouge et toi blonde. Comment puis-je toucher ton cœur ? Comment puis-je asservir mon besoin d’amour.

L’amour, comme le voilier, subit les contrecoups du temps, incontrôlable. Une kyrielle de mots se bouscule dans mon esprit pour te dire à quel point tu es jolie. La plus compliquée des citations ne ferait qu’aggraver les choses. Et tous les homonymes du dictionnaire n’arrêteront pas l’homogénéisation de mon espoir car il est là, présent sans compromis ni mur. Si les saints furent torturés, rassure-toi, les tiens ne le seront pas. Bien au chaud dans mes paumes ils regretteront d’avoir vécu avant. Car la vie s’épanouira enfin pour nous, laissant dans notre bouche ce goût suave si caractéristique de l’amour. Tel le soleil tu illumineras ma vie de la chaleur corporelle. Jamais je ne regretterai de m’être laissé tenter par la lumière. Que s’y frotte s’y pique. La lumière est là pour être regardée. Je prendrai ton corps délicat sur mon cou et nous partirons dans l’univers à la recherche de notre Je. L’univers est grand. L’infini sans fin. Et tant que mes particules subatomiques s’énergiseront, de cette action émergera l’énergie amoureuse, le sexe conjugué à l’esprit nous copulerons pour le simple plaisir de la chose. J’enfoncerai mon sexe entre tes seins pour provoquer jouissance et chaleur.

Je veux goûter la saveur de tes baisers, le gratin de ta langue. Tu me plais et je veux te connaître. Mais je suis moi et tu es toi. Et aucun des deux ne changera l’autre. Car je suis moi et tu es toi. Et de compromis en compromis l’univers tournera. Sa fin et le destin s’accompliront. Mon corps se sublimera en un sublime nuage de poésie qui paraphrasera de tout et de rien, laissant un goût rance sur mon front. Les pancalistes avaient peut-être raison après tout, nous dépendons du beau.

L’exhalaison de ta personnalité me rend dément. Telle la fragrance du plus odoriférant des parfums tu contamines mon espoir. Mes convictions sur la splendeur ne peuvent que se confirmer en te voyant. Ta vénusté me laisse pantois. Tant de grâce et de charmes réunis sous un toit. Sois ma Vénus. Laisses-moi t’étreindre. Je veux me rendre au nadir, pour enfin être ailleurs lorsque mon narcissisme s’exagère. À mes narines vient une odeur narquoise. Un sourire malicieux, un haussement de sourcils, à genoux devant toi une sonate je composerai. Les plus enivrantes notes jaillissent pour atterrir sur ton cœur.

L’amour me grise, me monte à la tête. Par des chemins mystérieux que seules les fées peuvent découvrir. Simuler la mélancolie m’est bien aisé. Mais je ne veux perdre aucune seconde car la vie est laconique. La concession des secondes m’émoustille, me déménage et transfigure mon humanité. Je veux être et exister. Ma maxime s’interroge et cherche. Ce mystère doit être élucidé au plus rapide. Qui suis-je ? Où vais-je ? Je veux emprunter le chemin tortueux de l’inconnu et non marcher, tel le troupeau, dans le chemin tracé par les stratèges gouvernementaux. J’accepte les règles morales et non l’acquiescement de la masse flasque. J’accepte car je concède que la vie en société n’est pas chose facile. Mais ma patience a des limites. Mon ambition n’est pas cachée et fait peur à certains. J’encule tous les idiots et ceux qui suivent. L’imagination se cultive et se fume.

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