Journal de Rosemont Petite-Patrie, 1 août 2001

Autopsie d’une création
Marylène Couture

L’amour, toujours l’amour! C’est ce qui inspire les artistes Eva Cirnu et Nicolas Leou lorsqu’ils laissent courir leurs pinceaux sur les murs extérieurs d’édifices montréalais. Au début de l’été, ils ont peint sur la brique du mur est d’Insta-Meubles à l’angle de la rue Masson et du boulevard Saint-Michel.

Le couple, dans la vie comme dans la création, a réalisé une quinzaine de murales à Montréal. «Nous sommes fascinés par la surface à peindre. C’est jouissant d’avoir aussi grand pour s’exprimer. C’est difficile ensuite de rentrer à la maison et de peindre sur des toiles», lance Leou, qui est aussi musicien à ses heures.

Les deux artistes ont accepté de faire avec nous l’autopsie d’une murale, peinte au coeur de Rosemont. D’abord réfléchir au message à transmettre. Dans ce cas-ci, le message est simple, aux dires de Leou: «Aimez donc votre planète.» Il ajoute immédiatement «Une murale, ce n’est pas seulement un dessin, c’est un message qui devient de l’art.»

Le processus commence avec une idée. «Puis on fait un croquis, continue Nicolas. Une fois le croquis approuvé par le propriétaire du mur, on se met à l’oeuvre. On monte d’abord une couche de fond et on peint le dessin. On termine avec les détails.»

Peu de place à l’improvisation dans le travail de peindre une murale.«Lorsqu’on se laisse aller à l’improvisation, le résultat est moins précis», fait valoir Leou.

Après douze heures de travail, Eva et Nicolas ont fait apparaître sur le mur du magasin de meubles un papillon dans un univers bleu sur fond de chaos. Une partie du corps de l’insecte prend la forme de notre planète bleu. Les artistes se sont laissés emporter par le style de Jackson Pollock avec du splashing pour exprimer le chaos. «J’aime bien ce style, avoue Nicolas, c’est pourquoi nous avons choisi cette trame de fond.» Peu loquace, Eva, d’origine roumaine, n’en pense pas moins.

Pas facile parfois la vie d’artiste peintre de murales. En effet, ils se sont heurtés à l’incompréhension du gérant d’Insta-Meubles qui les a menacés devant témoins de repeindre le mur au rouleau aussitôt la murale terminée, alléguant que leur art était du vandalisme. «C’est la première fois que cela nous arrive. Habituellement, les gens nous encouragent», s’étonne Eva.

Le projet avait pourtant été accepté par le propriétaire de l’immeuble, le Groupe Shiller. Le représentant du groupe, Yves Mailloux, nous a confirmé que l’oeuvre resterait en place.

Ajoutons que la peinture venait de l’Éco-Centre Petite-Patrie qui récupère la peinture.

Quant aux artistes, ils espèrent que la murale sera toujours là dans vingt ans.

Mural masson
Mural masson
Mural masson
Mural masson
Mural masson

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